Orpaillage illégal en Guyane

By 15/07/2021 juillet 19th, 2021 Non classé
Déplacement parlementaire

« Il faut dénoncer un crime contre l’environnement et une grave menace sanitaire »

L’exploitation aurifère illégale, appelée aussi « orpaillage clandestin », ne cause pas seulement un préjudice économique important à la filière légale, et une atteinte à la sécurité des populations autochtones compte tenu des trafics de travailleurs clandestins et de matières toxiques qu’elle génère.

Elle constitue aussi un véritable crime contre l’environnement et une menace extrêmement importante pour la population amérindienne exposée à des taux d’imprégnation au mercure alarmants, avec des conséquences graves pour les jeunes enfants et les femmes enceintes.

En effet le mercure utilisé pour amalgamer l’or, alors que cette technique est interdite en France depuis le 1er janvier 2006, est rejeté dans le milieu et provoque un phénomène de bioaccumulation dans les poissons qui sont ensuite consommés localement.

Les conséquences en termes de santé publique sont inquiétantes, particulièrement chez les enfants pouvant être sujets à des retards de développement, des affections ophtalmiques et des troubles du comportement. De même le poison traverse le placenta chez les femmes enceintes et peut se retrouver dans le lait maternel.

Face aux filières clandestines, qui s’appuient sur des bases logistiques implantées au Brésil et au Surinam, les autorités françaises, la gendarmerie et les forces armées guyanaises mènent en permanence des opérations visant à harceler les groupes d’orpailleurs clandestins, à assécher leurs réseaux et à détruire les chantiers illégaux.
Ces opérations de la mission « Harpie », s’appuient sur des relevés cartographiques, des observations aériennes et celles de l’Office national des forêts (ONF) et du Parc amazonien de Guyane (PAG). Elles s’inscrivent dans un dispositif de lutte global faisant appel à de multiples autres acteurs visant à démanteler les filières d’économie souterraine tout en protégeant la population amérindienne et en préservant les écosystèmes de la forêt guyanaise.

C’est ce dispositif qu’avec une délégation de la Commission parlementaire d’enquête sur l’orpaillage illégal, dont je suis vice-présidente, je suis allée inspecter à l’occasion d’un déplacement en Guyane, du 5 au 11 juillet, visant à toucher la réalité du doigt, participer à des patrouilles des forces de l’ordre, rencontrer les populations et les autorités locales, évaluer les mesures prises en matière de protection de la santé publique et de l’environnement.

Il s’agissait aussi d’ identifier des axes de progrès en matière, par exemple, de coopération avec les pays voisins.

Cette mission, qui fera prochainement l’objet d’un rapport, s’inscrit dans un cadre beaucoup plus large que je construis depuis mon élection, il y a quatre ans, et même auparavant.
Engagée de longue date en faveur de la construction d’un secteur extractif responsable, j’y œuvre en suivant plusieurs axes. Je me suis notamment beaucoup investie dans la réforme du Code minier, intégré à la loi Climat et résilience et qui porte la notion d’écocide, c’est-à-dire d’atteinte intentionnelle au milieu. Cette notion prévoit des sanctions plus lourdes lorsque l’infraction est commise en ayant connaissance du caractère grave et durable des dommages causés sur la santé, la faune, la flore, la qualité de l’air, de l’eau ou des sols.
L’état dans lequel se trouvent les sites d’orpaillage illégal, victimes de déforestation sauvage, d’empoisonnement des cours d’eau, de saccage généralisé du milieu, montre à quel point les poursuites pour délit d’écocide seront pertinentes.
Je prône également en faveur d’une norme internationale dédiée au secteur extractif. Comme rapporteure pour le réseau des femmes à la francophonie, je travaille en outre sur la place des femmes dans ce secteur.

Ci- dessous quelques sites d’orpaillage illégaux en activité

Le matériel saisi sur des sites illégaux démantelés par les autorités françaises
Les sites démantelés et les puits creusés dans le sol prêts à être détruits.

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